BD : "La Pyramide oubliée : les aventures de Victor Billetdoux #1"

Première aventure de Victor Billetdoux, "La Pyramide oubliée" était originalement parue en noir et blanc. C’était en 1978. À l’occasion du 40ème anniversaire, cette toute nouvelle réédition propose une colorisation inédite, mais pas seulement, permettant ainsi de découvrir sous un nouveau jour l’un des héros du regretté Pierre Wininger.
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Le projet

Égypte, aube du XXème siècle. En proie à la folie, Sir Alexandre Appelton est retrouvé agonisant non loin de la pyramide de Neferhotep. Apprenant la nouvelle par voie de presse, le journaliste Victor Billetdoux se lance alors dans l’enquête. Aidé de son ami le jeune égyptologue Charles Hippolyte-Constant, il pénètrera dans la terrifiante pyramide à la recherche de la vérité, une vérité des plus énigmatiques. Qui sont ces êtres difformes semblant protéger l’accès au tombeau ? Que renferme l’intrigante pyramide ? Quel mystère se cache derrière les tablettes de Neferhotep ?

L’histoire de cet album est très étonnante. Il s’agit de la première aventure de Victor Billetdoux mais également du 1er album de Pierre Wininger (1950-2013), auteur talentueux n’ayant incompréhensiblement pas eu la renommée qu’il mérite. La Pyramide oubliée avait connu une pré-publication entre avril 1976 et février 1978 dans le magazine Circus, rebaptisé Le nouveau Circus par la suite. L’histoire était clairement séparée en deux parties :

Cette pré-publication de 81 pages ayant rencontré un franc succès auprès des lecteurs, les éditions Glénat, propriétaire du magazine Circus, décidèrent d'une sortie en album. Ce fut le cas en mars 1978 dans une version brochée grand format. Puis, le succès étant toujours au RDV, une seconde publication album mais cette fois-ci dans un format cartonné plus classique vit le jour en octobre 1980. Succès toujours, une seconde impression, identique à la maquette de 1980, fut lancée. C’était en octobre 1982. Jusqu’ici, rien de bien étonnant. Sauf que les versions albums ne comptent pas les 81 pages de la pré-publication : 46 pour la 1ère partie +1 pour le "résumé" + 34 pour la partie 2

Les albums comportent 62 planches. Seulement 62 planches ! Pourquoi ? Quel est ce mystère ? Et bien parce que la 1ère partie a entièrement été redessinée, redécoupée, modifiée et ajustée pour tenir en 28 planches. Les 46 pages ont été condensées en 28. C’est incroyable ! D’autant que ce nouveau découpage est plus efficace, plus rythmé, plus abouti. La refonte est totale. Totale ! De plus, voulant une cohérence parfaite dans son trait (qui été en pleine évolution, vu que, je le rappelle, cette BD est la 1ère de l’auteur), Pierre Wininger a techniquement uniformisé cette 1ère partie de sorte qu'elle colle parfaitement à la seconde. Et ça fonctionne merveilleusement ! Enfin, la "planche résumé" a disparu. Elle ne figure pas dans les albums de 1978 et 1980. Elle a économiquement été retirée parce qu’il n’y avait pas la place de la faire tenir dans une maquette de 64 pages. Pour qu'elle puisse y figurer, il aurait fallu monter la pagination à 68. Et 68 pages coûtent plus cher à imprimer que 64... C'est d'autant plus dommage qu'on sent un réel manque lorsque l'on passe de la page 30 à 31. Les deux parties s’enchainent de façon terriblement brusque. Pour ceux ne connaissant l’album, il n'y a pour seule transition qu'un pauvre panneau récitatif en première case de la page 31. Voyez-vous-même :

Alors pourquoi ce projet ? Depuis mes plus jeunes années, j’aime, j’adore, je voue énormément d’admiration à l’œuvre de Pierre Wininger. Il y a une ambiance incroyable dans ses histoires. C’est un peu Indiana Jones qui rencontre Adèle Blanc-Sec qui rencontre Blake et Mortimer en pleine Invasion de Profanateurs (version 1978 - P. Kaufman). Il y a de l’aventure, du mystère, de la paranoïa, des complots et un zeste de steam punk. On est à la frontière du fantastique. Avec le temps, j’ai appris à apprécier la qualité du trait de son auteur, ses références, son sens de la narration et du découpage. Pour moi, Pierre Wininger est un maître et je ne comprends absolument pas que son œuvre ne soit plus éditée.

Avec cette réédition augmentée, je souhaite rendre hommage à Pierre Wininger, tout en magnifiant l’album fondateur de ce que deviendra son œuvre future. Par réédition augmentée, j’entends :

  • Une colorisation inédite par Marie Galopin, afin qu’il y ait une unité entre ce 1er tome de la série Victor Billetdoux et ses 2 suites qui, elles, sont en couleurs,
  • Une nouvelle maquette de 72 pages, plus aérée et incluant la fameuse "page résumé" manquante,
  • Une préface d'Henri Filippini, historien BD ayant découvert Pierre Wininger. C’est lui qui décida de donner sa chance à La Pyramide oubliée pour le magazine Circus,
  • Une nouvelle couverture plus actuelle.

Le porteur de projet

Grand amateur de bandes dessinées, j’ai décidé, à l’aube de la quarantaine, de faire un métier en accord avec ce que je suis et ce que j'aime. Partant de zéro, je suis allé faire des stages, j'ai rencontré de nombreux professionnels, j'ai étudié, je me suis formé, j'ai démarché, etc. pour me faire l'idée la plus précise possible du métier d'éditeur de BD ; et me lancer dans de bonnes conditions. C'est-à-dire en minimisant les risques. Cet interview-là revient assez justement sur mon parcours et la genèse de ce projet pas si fou que cela.

J’ai donc créé une petite structure éditoriale nommée Les Aventuriers de l’Étrange. C'était fin 2017. Grâce à elle, j'ambitionne de publier des BD et des auteurs que j’aime, des auteurs dont j’admire le travail, des albums que j'acheterais et lirais. Ma ligne éditoriale est tout public. De mon point de vu, il est très important de parler à toutes les catégories d’âge. Universalité et intemporalité sont essentielles à mes yeux. Avec un nom comme Les Aventuriers de l'Étrange, nulle doute qu'il y aura de l’aventure, du merveilleux, de l’angoisse, du fantastique, des enquêtes et tout ce qui touche à l’étrange dans mes albums. Exclusivement ! Ces genres-là, peut-être un peu mineurs pour certains, sont, selon moi, l'occasion de parfaite de parler de sujets forts de manière fun, ludique et intelligente. Faire réfléchir sans s'en rende compte. J'aime lire ce genre de BD, alors, tout naturellement, c’est celles-ci que je souhaite publier. Après, advienne que pourra…

Pour l’instant, deux titres estampillés Les Aventuriers de l’Étrange sont disponibles en librairie et partout ailleurs. Les retours sont plutôt bons, confortant ainsi mes choix éditoriaux :

La Pyramide oubliée : les aventure de Victor Billetdoux – tome 1 sera ma troisième et dernière publication pour l'année 2018. Pour 2019, les titres à venir sont à l'étude. Surprises...

À quoi servira votre financement ?

Soyons clair, de base je ne suis pas spécialement favorable au financement participatif. Je considère la France comme un grand pays culturel. C'est donc aux banques et aux structures d’état d’aider au financement de projets culturels. Sauf que, jeune structure, je ne peux pas encore prétendre aux différentes aides de l’état. Il en existe pourtant plusieurs mais pour y avoir accès, il faut justifier une année d’existence + 5 publications. Ce n’est pas le cas des Aventuriers de l’Étrange, créés le 1er novembre 2017. Et pour ce qui est du nombre de publications…

Pour démarrer mon activité, activité pour laquelle je ne me dégage pour l’instant absolument aucun salaire (heureusement j’ai la chance d’avoir accès à un logement gratuit, donc de pouvoir me débrouiller avec le seul RSA), j’avais contracté un prêt. Il me faut aujourd'hui allonger un peu ce prêt pour mettre en place les livres à venir et terminer ceux en cours. Problèmes, la mise en route de ce nouveau prêt prend du temps et j’ai de grosses échéances financières liées à La Pyramide oubliée, projet bien plus ambitieux et coûteux que Omar, le Navigateur et Et le Village s’endort… Pour continuer d’être tout à faire transparent vis-à-vis de ces titres, sachez qu'Omar, le Navigateur m’a coûté 8 500 € (sachant que les 1ers encaissements d’argent liés aux ventes de ce titre pourtant paru le 8 mars, n’arrivent que maintenant) et Et le Village s’endort… 9 300 € (paru le 25 mais avec des 1ers encaissements qui arriveront seulement début septembre) ; La Pyramide oubliée, elle, coûtera 16 500 €. C'est une somme bien plus importante qui, cependant, se justifie parfaitement. Les intervenants sont plus nombreux :

Alors, oui, j’aurais pu trouver une coloriste moins chère ; mais avec Marie Galopin ayant une quarantaine d’albums à son actif, c’est la garantie d’un travail bien fait, un travail au service du trait de l’auteur pour le magnifier au mieux. Oui, j’aurais également pu trouver un maquettiste plus économique ; sauf celui avec qui je travaille depuis Omar le Navigateur fait un excellent boulot. Pour les 40 ans de La Pyramide oubliée, je ne voulais absolument pas un résultat cheap, raté ou même décevant. Alors, je m’adresse aux personnes compétentes pour faire au mieux. Par le biais de la plateforme jadopteunprojet.com (structure de financement participatif local et solidaire, très accès sur l'humain, et donc parfaitement raccord avec ma manière de voir les choses), je sollicite votre soutien en vous proposant des contreparties directement liées à La Pyramide oubliée : les Aventures de Victor Billetdoux - tome 1. C’est un peu comme la pré-vente d’un album qui sortira le 24 août 2018, un album dont la "planche résumé" inédite sera exposée au Louvre du 16 septembre eu 18 décembre 2018 lors de l’exposition « L’archéologie en Bulles », un album sur lequel je m’efforce d'attirer la lumière grâce à différents évènements liée à sa sortie.

Je n'aime pas le financement participatif mais Les Aventuriers de l'Étrange se trouvent momentanément dans une impasse financière. Alors, j'ai besoin de vous. Puissiez-vous, dès maintenant, faire en sorte que ce formidable album qu'est La Pyramide oubliée soit un succès, le succès qu’il mérite.